Le solstice d'hiver

Le 21 décembre prochain, nous serons au solstice d’hiver dans l’hémisphère Nord, c’est-à-dire à l’une des deux périodes de l’année où la position de la Terre par rapport au Soleil atteint son inclinaison maximale. À ce moment-là, le Soleil vu de notre planète sera à son extrémité méridionale, ne s’élevant que de 18° au-dessus de l’horizon ; le jour du solstice d’hiver est le jour le plus court de l’année.

Cet évènement astronomique a depuis des millénaires été célébré dans les cultures du monde entier. Il l’est encore aujourd’hui en divers endroits du globe : si en Chine, la fête du Dongzhi marque l’apogée de l’énergie yin mais aussi la remise en mouvement de l’énergie yang qui va permettre un renouveau cosmique, en Iran, la nuit de Yalda (fête d’origine zoroastrienne) consacre la victoire de la lumière sur les ténèbres puisque, sitôt cette nuit passée, les jours rallongeront.

Le solstice d’hiver est l’une des principales fêtes du calendrier maçonnique. Au plus profond de l’obscurité, les membres de l’ordre célèbrent ainsi, tous ensemble, la lumière et la vie, en apparence disparues mais en réalité en gestation, prêtes à renaître. Le solstice d’hiver traduit par conséquent le jeu incessant du cosmos entre ses deux polarités, le cycle de la nature mais aussi l’évolution spirituelle. Un cycle s’achève, un autre débute.

Au solstice d’hiver, la matérialité et l’ego se sont dissous, laissant la place à l’obscurité, à un environnement hostile, à la mort symbolique. Pourtant, aussi faible semble-t-elle, la lumière demeure, prête à libérer une énergie régénératrice qui doit être alimentée par l’introspection, le travail sur soi. Le solstice d’hiver est donc la porte qui ouvre la voie à l’accroissement de la lumière intérieure, à la manifestation de l’esprit qui vient remplacer la corporalité physique déclinante, annonçant une prochaine réintégration de l’esprit à la matière sous l’empire d’une nouvelle harmonie. Ainsi, le solstice d’hiver est l’une des phases essentielles du cycle alchimique qui s’inscrit dans une logique de progrès individuel ; chaque déclin porte en lui-même une nouvelle chance, une nouvelle opportunité d’évoluer positivement.

Sandrine D.
Conseiller de l’Ordre