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Lettre d'information de la GLMF N°12

Activité maçonnique et confinement

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Activité maçonnique et confinement

A l’heure où une stratégie de vaccination se met en place, soulevant d’ailleurs des questions éthiques quasiment inédites, le début de l’année 2021 permet déjà de porter un regard sur une année – ou presque – de franc-maçonnerie au temps de la COVID-19.

Tandis que de nombreux pans de l’activité humaine, et particulièrement la culture et l’éducation, sont affectés par les mesures mises en place pour limiter la propagation de l’épidémie, la pratique des activités Maçonniques a été mise à l’épreuve.

S’appuyant sur la présence des corps rassemblés, mais aussi sur la dimension tactile des relations, la franc-maçonnerie a rudement pâti du confinement. De nombreuses questions se sont posées : comment maintenir une forme d’activité, une frêle lumière dans la pénombre ? Comment protéger les plus vulnérables, sans les mettre à distance ? Comment peut-on s’efforcer, dans les divers Travaux, de distinguer ce qui est essentiel, de ce qui est plus accessoire ? Qu’est-ce qu’une Loge intemporelle ? A quoi sert une Obédience ? Comment répondre à l’exigence croissante de solidarité ? Une Tenue peut-elle être « dématérialisée » ?

Chaque Loge, à sa manière, a répondu à ces questions, en fonction de sa composition, de son histoire, de son contexte, de ses contraintes.

Comme toujours en franc-maçonnerie, c’est l’intelligence collective qui a permis de dégager des réponses, lesquelles sont toujours provisoires. “Fallait-il faire plus rituel, moins ? On a fait en notre âme et conscience…”

A côté de cette démarche collective, Christiane VIENNE s’est plus spécifiquement interrogée sur le point de savoir si la franc-maçonnerie était « digitalisable ». En d’autres termes, dans quelle mesure la franc-maçonnerie est-elle réductible au tout digital, ou même convertible dans une société numérique ?

 

Edouard HABRANT

La vie des Loges pendant le confinement

La période que nous vivons est une première. Jamais en temps de paix nous n’avons eu à subir un arrêt si brutal et si long de nos activités. Notre art a été malmené et si notre passage ici-bas est un parcours initiatique, assurément ces derniers mois en feront partie. Ces derniers mois nous rendront-ils plus forts comme le pensent les optimistes ? Seront-ils une remise à plat de la Maçonnerie telle que nous l’aimons ? Ou bien la marque de ce que « finalement à quoi bon tout cela, vous ne m’avez pas tant manqué… » ?
Alors, devons-nous regarder le confinement comme une simple entrave sur notre chemin ou comme une chance de nous réinventer ? Un ennui sur la route ou une nouvelle manière de voir l’autre ? Obstacle ou opportunité ?

Notre art a été malmené, dans toutes nos contrées. Mais à travers les lieux, nous n’avons pas tous vécu la même expérience, nous n’avons pas traversé le même vide, nous n’avons pas enduré la même réalité. Alors, le mieux était sans doute d’aller à la rencontre de nos Loges, là où se fait notre Maçonnerie, pour ressentir ce qui a été fait dans nos villes et nos villages, sur nos montagnes et nos plages, nos plaines et nos vallées. Et de savoir ce que chacun de nous peut en retirer. Le mieux était sans doute d’écouter notre cœur battre.
Verbatim.

Les premiers jours : après la sidération, le constat.

– « Au jour du confinement on a fait un état des lieux : a-t-on des personnes sensibles, a-t-on la capacité dans notre Temple de garantir leur sécurité ? Très vite, on a vu que 40% des membres de la Loge sont à risque alors que les loueurs de Temples disaient qu’il n’y avait pas de danger. On a voulu protéger les nôtres, ça passait par l’arrêt des Tenues.»
– « La situation a un peu désemparé la Loge, les Sœurs et Frères avaient pour certains du mal à sortir d’une sorte de torpeur fainéante ».

Les premiers mouvements, la réouverture vers l’autre.

– « Il faut que l’on maçonne. Comment faisait-on quand on a été persécutés, on a tout adapté, même nos rituels, en traçant des temples à la craie même dans des arrière-salles de tavernes. Alors on va survivre à la Covid !
Tout de suite, on est allé vers l’informatique pour continuer à travailler. »

Les choses s‘organisent, les rencontres reprennent.

– « On a essuyé les plâtres chez certains prestataires (trois piratages de cartes bleues…) puis chez d’autres opérateurs téléphoniques mais avec trop peu de personnes, puis chez un opérateur d’un pays de l’Est qui était trop crypté donc à l’utilisation ce n’était pas possible. Puis a trouvé celui qui nous convenait, certes payant mais un vrai bel outil avec une salle de réunion virtuelle et toujours le même lien. On a trouvé la solution fin mars après de nombreux efforts. »
– « Dès le début du confinement on a mis en place des groupes sur une application de conversation téléphonique ; on a créé des groupes pour trois catégories : les membres de la Loges, les amis de la Loges et les profanes qui avaient fait acte de candidature dont certains qui attendaient depuis longtemps. Cela s’est avéré profitable. Pour animer tout ça, on a lancé « Chronique du Coronavirus » ; la Loge sortira un bilan de ce qui a été fait. On a tâtonné sur les visio-réunions au début. Quelques Sœurs et Frères ont un peu lâché prise ».
– « Dans les premiers temps, nous avons utilisé l’abonnement de l’un d’entre nous puis après des recherches, la Loge a elle-même souscrit un abonnement auprès d’un fournisseur de solution. »

On tente de normaliser une situation anormale…

– « De mi-mars à début juillet, on s’est réuni deux fois par mois en visio-réunion. Plutôt que de maintenir le programme de l’année, on a décidé de faire une sorte d’instruction avec un modérateur qui est le Vénérable Maître, des travaux aux trois Degrés avec un travail de recherche sur un thème donné qui n’était pas dans le programme. Tout le monde venait, on a eu très peu d’absents avec des membres qui ont pu lire, réfléchir et avancer. »

… Pour aboutir à ce que chacun prenne ses marques dans une nouvelle forme de routine.

– « On s’est interrompus pendant les vacances maçonniques. En juillet on a écrit le programme comme tous les ans, trois Planches par réunion et pour mettre le plus de sérieux possible, on a ouvert au coup de maillet : l’idée est d’avoir une réunion sans rituel certes mais dans le respect de notre tradition et de nos valeurs. Ca garde le sérieux et évite la cacophonie.
Et puisqu’on travaille bien, on reçoit des demandes d’invitations et l’on a invité jusqu’à cinq Sœurs et Frères dans un premier temps pour aller peut-être vers dix plus tard puisque l’écran accueille vingt personnes. On a ainsi permis de faire maçonner des Sœurs et Frères qui étaient en demande, même s’ils n’étaient pas de notre Loge. »
– « La première période de confinement, on est resté en lien à travers les visio-réunions en prenant un abonnement. On a fait un conseil de Loge, ouvert à tout le monde où tout le monde a eu le droit de parler, un peu comme une Assemblée Générale ouverte à tous les membres cotisants. On a fait une soirée d’instruction au premier Degré et ça nous a plu à tel point que l’on récidive dans les prochains jours. »
– « Depuis le début du confinement, nous nous sommes réunis en tout quatorze fois, en présentiel quand cela était possible comme en distanciel quand il n’était pas possible de faire autrement.
La Loge a accentué ses efforts vers les Apprentis. Nous avons sept Apprentis aujourd’hui et il est important pour nous de les maintenir dans un esprit de travail mais aussi dans l’esprit de la Loge : il faut qu’ils comprennent qu’ils font partie intégrante de la Loge et qu’ils sont aussi importants pour nous que chacun d’entre nous.
Deux d’entre nos Apprentis sont par exemple arrivés juste avant le confinement, ils n’avaient jamais assisté à une Tenue lorsque le confinement a été décrété, il nous fallait donc leur faire découvrir la Franc-Maçonnerie et ils ont été contents de pouvoir lire leurs impressions d’Initiation ; ils ont été également été heureux de pouvoir nous livrer leurs réflexions lors des autres visioconférences. L’un de nos Frères a par exemple pu reprendre l’histoire de la Franc-Maçonnerie lors de deux visio-réunions qui ont été consacrées à ce sujet. Lors de chaque visio-réunion, un thème spécifique et commun a été débattu. »

Et le déconfinement ?

– « Dès le déconfinement, on a fait une première Tenue loin de la ville, en plein air et qui a été le théâtre de l’élévation d’une Apprentie au Grade de Compagnon. On réfléchit d’ailleurs à en organiser une autre en plein air cet été. On a ensuite loué un Temple car le nôtre n’était pas disponible et cela nous a permis de passer quatre personnes sous le bandeau. »

Les difficultés ?

– « Les écueils, il y en a eu très peu finalement et on a profité de la période d’ouverture pour organiser deux Initiations avant la seconde vague de confinement. Ùne chose tout de même : les d’agapes manquent cruellement. J’ai hâte de ressentir l’émotion que je vais avoir quand je vais les voir. »
– « Il n’est pas concevable de faire une Tenue par visio. »
– « Tout le monde n’était pas équipé pour la visio et tout ça, ça ne remplacera jamais une Tenue. »

Que va-t-il rester de tout cela ?

– « On découvre d’autres modalités qui perdureront après la crise. On continuera de faire des visio-réunions même une fois la crise passée. Les grandes décisions que doivent prendre les Lumières par exemple, pourquoi ne pas le faire par visio-réunion et ainsi ne pas hypothéquer du temps avant une Tenue ? Les Compagnons peuvent par exemple rester aux Tenues d’instructions des Apprentis et continuer de travailler. »
– « On n’a évidemment pas fait de Tenue en visio-réunion, non pas qu’on ne doive pas y penser pour le futur mais on n’est pas encore murs. D’ailleurs ma Loge reste prête à s’investir dans un travail pour imaginer des rituels en visio-réunion, on avait même créé un rituel à faire en visio-réunion entre deux Loges en même temps dans deux Orients différents.
Il faut souligner l’émergence de l’émission Pierres de Touche qui aide à faire le pont entre le profane et le maçonnique.
La Loge a pris un abonnement pour ne plus être limité en temps. On a également activé des audioconférences pour se réunir par téléphone à quelques-uns. Se pose la question du Banquet d’Ordre.
On passe du temps au téléphone les uns avec les autres pour essayer de maintenir le lien. »
– « La situation a été difficile, pas facile d’arriver à réunir les Sœurs et Frères qui habituellement sont motivés pour se rencontrer et échanger « en vrai ». Une des difficultés est de surmonter le vague-à-l’âme qui peut naître à ne pas se voir. Essayer de faire revenir les nôtres dans le giron de la Maçonnerie sera peut-être une difficulté. »
– « On a vécu les deux confinements de manières très différente. Pendant le premier, il ne s’est pas passé grand-chose. Les visio-réunions du premier ne se sont pas vraiment lancées. Mais cela a permis de digitaliser la Loge, notamment par des groupes téléphoniques.
Il y a eu un changement à la reprise et lorsqu’on a vu qu’on allait vers un autre confinement, on était alors plus organisés, on a vu plus de présents, les groupes téléphoniques ont vraiment fonctionné et la Loge communique désormais facilement par ces media, c’est très positif.
On n’a pas vraiment fait de travaux mais plutôt des mises au point sur l’organisation administrative et l’organisation pour la reprise 2021.
Aujourd’hui, tout le monde sait se servir de son ordinateur même nos plus ainés et c’est magnifique de voir des Sœurs et Frères de 82 ans nous envoyer leur force depuis leur écran.
Pour le Vénérable Maître, ça n’a pas tous les jours été facile car tout le monde a son avis sur ce qu’il faut faire et pas tout le monde a la même manière de le faire. Il a fallu faire le lien et rester neutre entre les membres de la Loge. »
– « Fallait-il faire plus rituel, moins ? On a fait en notre âme et conscience. Et la Loge vit, notre cœur continue de battre, aucun membre ne souffre de ne pas avoir travaillé ni d’avoir eu d’instruction.
Pour ma première année de vénéralat, quel baptême ! Mais tous ensemble on a maintenu la fraternité et le travail.
On n’attend pas de l’Obédience qu’elle nous fournisse tout, nous devons aller de l’avant et travailler par nous-même ! »

Conclusion

A l’heure où tout bouge si vite, si fort autour de nous, où certains pans de notre liberté sont attaqués, le monde a besoin de recul, de tempérance et de réflexion sur son avenir. Notre manière de travailler nous permet d’avancer nos idées et nos valeurs afin qu’elles rayonnent dans le monde profane.
Mais pour cela nous devons sans cesse être dans la Cité, comprendre son fonctionnement, sentir ses évolutions. Charles Darwin nous le rappelle, celui qui survivra n’est ni le plus fort, ni le plus intelligent mais celui qui saura le mieux s’adapter à son environnement.
Les Loges U Tribbiu (Corse), Le Chêne et l’Etoile (Bas-Rhin), Les Amis du Creuset (Paris), La Clémente Amitié (Hérault), Lutz Occitania (Haute-Garonne) et Dhjouty (Moselle) ont gentiment accepté de participer à notre Tour de GLMF. Au gré de leurs témoignages, elles nous montrent que, comme le rappelle l’article premier de notre Constitution, la Franc-Maçonnerie est une institution progressive.

 

Félix NATALI

La franc-maçonnnerie est-elle digitalisable ?

Aborder la question de la société numérique et de la digitalisation de la franc-maçonnerie va beaucoup plus loin que de se poser la question de l’organisation de tenues voire de cérémonies numériques.

De quoi parlons-nous en fait ?

Comme le souligne Nicolas Marion¹ « Pourtant, à l’heure où l’on parle de la digitalisation comme d’un « tournant épistémologique, anthropologique et plus largement civilisationnel »² de l’histoire humaine, la grande élasticité des référentiels disponibles pour penser les effets, sinon les impacts, de cette digitalisation sur notre société nous empêche souvent de comprendre l’immensité de la reconfiguration qu’elle implique ».

La révolution numérique n’est pas que technique, elle ne consiste pas seulement en l’utilisation de nouveaux outils de communication et d’information plus efficaces, elle modifie nos façons de penser, de réfléchir et de concevoir nos rapports humains et sociétaux.
L’informatique est un système qui impose une rationalité basée sur l’analyse d’une quantité importante d’informations. Le réel se trouve rationalisé par la machine ou comme l’exprime Eric Sadin ³ :
« La science informatique peut donc être comprise comme la science propre d’un système qui, du monde, ne garde que ce qui peut être traité de façon automatique par une machine en général, et par un ordinateur spécifiquement.… Le numérique, soit l’instauration d’un rapport au réel placé sous le sceau de la puissance objectivante et non ambiguë des mathématiques et des nombres. »
La digitalisation de la société implique donc une importance considérable accordée au quantitatif. Le prisme vers lequel nos regards sont orientés est celui de l’optimalisation et de l’efficacité, celui d’une rationalisation basée sur les chiffres et les algorithmes.
Quel impact sur les rapports humains ? Prenons un exemple : vous souhaitez acquérir un appartement et consultez votre banquier. Il va introduire l’ensemble des paramètres qui vous concernent dans son ordinateur et grâce à une série d’algorithmes il répondra à la question : peut-on vous faire confiance pour assumer le remboursement de l’emprunt ?
La rationalité de l’opération est imparable mais elle ne tient pas compte de facteurs humains tels que : votre profonde honnêteté et les sacrifices que vous êtes prêt à consentir pour acheter votre appartement, votre investissement professionnel et vos perspectives de promotion, le soutien de votre famille etc. …
La digitalisation, soit la capacité à rassembler un maximum de données, le stockage de ces données et leur traitement par des solutions basées sur des algorithmes, est aujourd’hui omni présente dans le domaine économique mais aussi politique (pas de campagne électorale sans de larges enquêtes d’opinion voire d’influence d’opinion) et sociale.
Le stockage et l’utilisation de cette masse énorme d’informations « le Big Data » pose un nombre considérable de questions démocratiques et sociétales.
« Dans le paradigme sociétal qui s’impose à travers la digitalisation, c’est à un monde qui doit toujours davantage être numérisable, transcodable, optimisable, que nous faisons face : tous les problèmes qui s’y posent y sont systématiquement envisagés à travers le prisme de leur « solution » potentielle. On passe ainsi d’une logique d’analyse qui pourrait se concentrer sur les causes des phénomènes vers une concentration exclusive sur leurs effets et vers l’ajustement de nos choix, actes et logiques sur la mesure et le calcul de ces mêmes effets.» 4 Nicolas Marion
Ceci posé, la question de la digitalisation de la franc-maçonnerie prend une dimension plus complexe.
Nos modes de recrutement sont moyenâgeux, la cooptation est très inefficace, nos passages sous le bandeau laissent passer parfois n’importe qui, nos cérémonies laissent à désirer, nos rituels sont trop souvent interprétés sans logique … Nous sommes loin d’être parfaits !
Imaginons un recrutement basé sur les données objectives à fournir par l’impétrant et analysées à l’aide d’algorithmes qui nous renverraient le message : compatible à 80% ou 90% avec nos objectifs.
Un passage sous le bandeau comme dans un jeu vidéo, les réponses aux questions traitées, comparées à ce que l’impétrant a dit lors des enquêtes (par écran interposé elles aussi), les contradictions immédiatement repérées … plus de marge d’erreur !
L’initiation organisée par écran interposé, pas de chipotage, tout est parfait et à la fin l’initié reçoit le code d’accès à nos cérémonies et au réseau que nous constituons.
Ses progrès sont scientifiquement analysés et nous partageons des agapes virtuelles après chaque tenue.
Mais au fait, qui sommes-nous ? Pourquoi sommes-nous ?
Nous voulons rassembler ce qui est épars, améliorer le monde et la société mais ce n’est pas tout car, comme en ce qui concerne la digitalisation, la méthode induit le fond et modèle la forme, les deux sont interdépendants.
La méthode maçonnique demande une ouverture vers le symbolique, la recherche de la vérité en pratiquant le doute, le refus du dogmatisme mais aussi la fraternité, c’est-à-dire l’ouverture à l’autre et à l’altérité.
Pratiquer un rituel c’est s’ouvrir au monde symbolique, se laisser imprégner d’une pratique ancienne et se mettre en lien avec ceux qui nous entourent et qui nous ont précédés.
La fraternité, cela n’a rien de rationnel, c’est accepter un autre que l’on n’aurait jamais croisé dans la vie profane et l’accepter avec ses qualités, ses limites, ses faiblesses et … accepter de dévoiler les nôtres.
L’univers maçonnique, y compris dans sa convivialité, est très éloigné du monde mathématique et digitalisé même si nous devons tout à Newton !
Nous vivons en franc-maçonnerie dans le monde de l’imperfection et nous grandissons au fur et à mesure de notre capacité à améliorer ce qui nous entoure.
Peut-on digitaliser la franc-maçonnerie ? C’est en partie réalisé mais ce qui nous constitue c’est ce rapport à l’autre, imparfait comme nous, qui nous fait grandir en acceptant ce que nous sommes.
Cet échange, cette magie ne peut s’opérer qu’en face à face, dans nos temples, en pratiquant nos rituels, en partageant agapes, rires, pleurs, bonheurs, tristesses.
C’est notre imperfection qui nous rend humain, et il n’y a pas de solution à tout, il faut parfois travailler des années pour guérir les blessures de l’enfance, les traumatismes de la vie. Tout n’est pas quantifiable et l’algorithme du bonheur n’est pas près de voir le jour.
Je pense, avec Spinoza, que le but de la philosophie n’est pas de préparer l’homme à la mort mais au bonheur.
Soyons heureux, mes frères et sœurs, gardons les yeux grand ouverts et veillons à préserver nos libertés et nos doux secrets bien au chaud dans nos cœurs !

Christiane VIENNE

 

¹ Marion Nicolas, Digitalisation et société : concepts et enjeux critiques, revue de l’ARC 2019 (Action et Recherche culturelle).

² Sadin Eric, La vie algorithmique. Critique de la raison numérique, Paris, L’échappée, 2015, p.30

³ Ibid 2

4 Ibid 2

Le débat de l’émission Pierres de touche #35 avait pour thème “«Adeptes du tout numérique et du digital, sommes-nous toujours maîtres de nos propres vies terrestres ? “.

 

  • Hervé CUILLANDRE,  Chargé de mission digital chez Engie, et auteur de plusieurs ouvrages sur le numérique ;
  • Elodie JAUNEAU, responsable développement dans une grande association caritative, historienne et membre des instances nationales du Parti Socialiste ;
  • Philippe MARTIN, travaille dans l’IT (information technology). Initié à la GLNF, Passé Maître fondateur de la Rudyard Kipling Lodge, loge indépendante qui se réunit à Suresnes (créée il ya dix ans) et qui s’est réunie pendant tout le confinement en tenues numériques (et non en réunions).
  • Mehdi MEBARKI, architecte de formation, conseiller en communication numérique, ancien responsable adjoint de la cellule communication de l’Elysée et du Service Information du Gouvernement.

 

 

Pour écouter l’émission Pierres de touche #35 https://deltaradio.fr/2021/01/pierres-de-touche-lhiver-35-digitalisation-de-la-societe-et-monde-numerique-podcast

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